Respecter autrui fait du bien à l’âme

Respecter autrui fait du bien à l’âme

Que feriez-vous si votre enfant ou petit-enfant très jeune (mettons entre un an et trois ans) voulait sortir alors qu’il pleut à verse ?

Fontaine EnfantsLa plupart d’entre nous, si notre enfant ou petit-enfant de dix-huit mois voulait aller sous la pluie, aurions pour premier réflexe de lui dire : « Non ! Il pleut, viens te mettre à l’abri ! » ou « Attention, tu vas prendre froid ! » Ou plus simplement, nous le prendrions par la main ou l’attraperions sous les bras (dix-huit mois, c’est un poids plume) pour le mettre à l’abri.
A l’abri de quoi ? De la pluie ? Vraiment ? Ou de notre peur qu’il prenne froid ? De nos propres peurs-tout-court ?

 

L’émerveillement d’une enfant sous la pluie, c’est ici : cliquez et réjouissez-vous.

 

Lorsque mon Aînée avait à peu près deux ans, elle adorait tremper ses mains et ses avant-bras dans les fontaines du village que nous habitions à l’époque. Été comme hiver – surtout l’hiver car l’été, des jeunes occupaient les abords des fontaines et ma fillette était timide – elle plongeait sa main dans l’eau glacée. J’avais tout juste le temps de remonter la  manche de son manteau et elle trempait avec délectation son bras dans l’eau. Je ne comprenais pas qu’elle n’ait pas froid ou ne soit pas gênée par cette froidure environnante (hiver alsacien). Néanmoins, je ne voulais pas lui transmettre mes propres craintes (« L’eau dégouline à l’intérieur de sa manche, beurk ») et je la laissais y aller de ses deux bras (le plaisir est double). Je me contentais de veiller à ce qu’elle n’aille pas y plonger son buste (elle en aurait été capable), appréciant son plaisir communicatif (avec une pointe d’angoisse : « Mon dieu, elle va prendre froid… J’suis une mère indigne »). Elle rayonnait d’une telle joie que son comportement ne pouvait qu’être juste. Alors je « prenais sur moi » pour ne pas l’arrêter dans ces instants magiques, tout en espérant qu’elle ne tombe pas malade.

Etreproactif-FontaineElle adorait aussi se balader sous la pluie ou la neige ou par temps menaçant. Je la sentais excitée dès que le temps s’assombrissait et que nous n’avions qu’une envie, nous les « grands » : rester au chaud au coin du feu. Alors elle me tannait et ne me lâchait pas (elle savait qu’elle réussirait avec moi mieux qu’avec son père), elle geignait, râlait… Notre chienne, gagnée par son enthousiasme, y joignait sa « voix ». Je me raisonnais et me disais : « Bon, après tout nous ne sommes pas en sucre, bien couverts… Et puis ce n’est pas mon rôle de mère de casser ses élans…  » Bref, je cédais.

Alors les trois silhouettes sous la pluie ou les chutes de neige, c’étaient ma fillette dans sa poussette, la chienne et moi-même (les photos sont là pour l’attester).  Nous sortions baguenauder dans la campagne sous un temps de fin du monde. Nous faisions le tour du village (j’évitais les chemins boueux). Et, bien sûr, elle sautait de sa poussette et se dirigeait droit vers cette fameuse fontaine pour y faire trempette. Quelle joie alors se lisait sur son visage ! Je souriais intérieurement de la voir ainsi jubiler. Elle se délectait de sentir cette froidure qui la chatouillait, la refroidissait certainement. Je devais souvent y mettre un terme, moi-même complètement frigorifiée par ce sur-place qui n’en finissait pas (ma patience maternelle avait ses limites). Alors elle rabaissait ses manches, tout sourire, et s’empressait d’aller vers la fontaine suivante qui – ouf – était vide. Pas d’eau, pas de mouillage.

 

etreproactif-Coquelicots.35.35Ma fille a seize ans maintenant et ne s’en rappelle plus. Néanmoins, je suis sûre que ces instants sont inscrits en elle et concourent à ses audaces actuelles. Cette belle énergie que son corps a emmagasinée, cette joie intérieure, sont gravées quelque part en elle, comme en moi.

Ce sont des moments comme ceux-là qui nous construisent, ce sont ces moments d’émerveillement et de plaisir partagé qui nous donnent l’énergie pour continuer. Oui, ce sont ces moments-là qui donnent du sens au présent.

Le plaisir est énergisant. (Le Livre des Changements)

  • Et vous, quels plaisirs vous autorisez-vous ? Ou quelle joie anticipée vous refusez-vous parce que : « Que vont dire les voisins ? »
  • Quels plaisirs interdisez-vous aux personnes sur qui vous avez autorité parce que : « ça ne se fait pas » ?
  • Et surtout, à quel désir auriez-vous envie de succomber à l’instant (licite et respectueux de vous-même et de votre prochain, bien sûr) pour vous faire plaisir ?
  • Qu’est-ce qui vous ferait vous sentir bien ?

 

Je vous souhaite le meilleur 🙂

Nathalie Portrait blog1Nathalie Decottégnie

Experte ès Proactivité

Site / blog : www.etreproactif.com
Roman : « toi ou la vraie vie« 

 

Nathalie DECOTTEGNIE

La Référente francophone de la Proactivité

Cet article a 2 commentaires

  1. Toutes ces questions m’interrogent sur le vrai sens du plaisir, et surtout sur la perception qu’on en a dans notre société judéo-chrétienne: ce qui me procure du plaisir est forcément suspect. Pourquoi ?!

    Je pense que le plaisir est une sorte de récompense: ça me fait du bien, donc je vais le chercher régulièrement.

     

    Ce qui me fait me sentier bien? Aller chercher mes limites, jouer avec le feu!

    1. Bonjour Mick,

      Merci pour votre commentaire.

      La question du Plaisir est une question que je ne cesse d’interroger, qui m’interpelle beaucoup, d’autant plus que je me suis, plus souvent qu’à mon tour, interdit beaucoup de plaisir, par manque de pratique et d’imagination. Et parce que j’étais trop « sérieuse » (serrer les dents derrière une façade tout sourire).
      En effet, la vie me paraissait trop lourde à assumer alors je n’avais ni le temps ni l’envie de prendre du temps pour « me faire plaisir ». J’estimais que je devais d’abord résoudre les problèmes, assumer mes responsabilités, faire face aux défis de la vie ; ensuite alors je serais méritante et je pourrais m’octroyer une « pause plaisir », la récompense après l’effort en quelque sorte. Sous l’emprise de la culture judéo-chrétienne, nous avons intégré dans nos cellules que le plaisir est suspect. Jusqu’à manquer d’énergie pour continuer à avancer.
      Et un jour, je suis tombée sur la phrase : « Le Plaisir est énergisant » (in le Yi Jing Le Livre des Changements) et ça a été la révélation : « mais c’est bien sûr pour cela que je manque tant d’énergie ! Je ne m’accorde pas assez de plaisir ! »
      Et puis un (autre) jour, en pleine crise existentielle où j’insultais le Ciel (je ne crois pas en un Dieu religieux) hurlant : « mais ça ne peut pas être que ça la vie ?! Une vie de soucis et de peurs !! », LA réponse est venue de la lecture du livre : « Dialogue avec l’Ange » (Gitta Mallasz, Édition Aubier) où l’Ange répond : « Là où est la Joie, la mesure est juste ». Autrement dit, lorsque nous ressentons la joie, le bien-être, le plaisir, nous sommes dans notre vérité 😉

      Le plaisir est donc une question de croyance, comme tout ce qui nous fait avancer : culture judéo-chrétienne par conditionnement ou culture Yi Jing par choix ? Le plaisir est culpabilisant ou énergisant ?

      Je vous approuve totalement dans votre quête du plaisir (rien que prononcer le mot Plaisir, cela sonne « suspect » à certaines oreilles). Les gens qui se font plaisir sont plus heureux, plus optimistes que leurs voisins ronchons qui se l’interdisent et qui voudraient l’interdire autour d’eux.

      Je vous suis reconnaissante de rayonner votre plaisir, de le partager. Le montrer en exemple par votre fidélité à vous-même et inciter les Autres – ceux qui n’osent pas et à qui vous donnez envie – qui vont finir par vous suivre dans cette voie Juste 🙂

      Avec gratitude,

      Nathalie

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