Être proactif, c’est être responsable

Commençons par Wikipédia : « Le terme pro-actif [avec tiret ici] est un néologisme qui décrit une personne prenant en main la responsabilité de sa vie, plutôt que de rechercher des causes dans les circonstances ou les personnes extérieures. » (Wikipédia)

« Prendre en main la responsabilité de sa vie »… hum… Lorsque je demande autour de moi ce que signifie « être responsable », j’obtiens des réponses comme : « Être responsable, c’est prendre soin des autres, faire attention aux autres, avoir la charge de quelqu’un ou de quelque chose. »

« Être responsable », ce serait donc d’abord se préoccuper d’autrui ? Je ne suis pas d’accord. Si je me dis responsable de quelqu’un, alors je veux bien assumer ses faits et gestes – comme une mère vis-à-vis de son enfant – mais je ne suis pas d’emblée responsable de quelqu’un.

D’ailleurs, si je dois être responsable de quelqu’un, autant l’être d’abord de moi-même. Oui, être responsable de moi-même. Ce serait bien de commencer par soi plutôt que de s’occuper d’abord des autres. Parce que, si vous vous occupez d’abord d’autrui (et que ce n’est pas de votre ressort comme une mère pour son enfant), vous allez attendre qu’autrui s’occupe de vous, et trouver cela normal. Et vous serez très en colère si autrui s’y soustrait. Vous allez rendre l’autre responsable de votre mal-être. Vous le rendez, du même coup, responsable de votre bien-être et de votre épanouissement. C’est l’autre qui détient la clé de votre bonheur. Et de votre malheur. Vous lui cédez votre pouvoir, et vous le subissez – autrui et son pouvoir. Vous cédez la responsabilité de votre vie à l’extérieur de vous-même.

Donc être proactif, c’est être responsable, et responsable de soi d’abord.

 

Être proactif, c’est s’engager

Poursuivons avec le Petit Robert : une personne responsable, nous dit le Petit Robert, est une personne « qui doit accepter et subir les conséquences de ses actes, en répondre. »

Être responsable, c’est donc être capable de répondre de ses actes, c’est-à-dire de les assumer jusqu’au bout avec toutes leurs conséquences. 

Sachant que « répondre » vient du latin respondere qui signifie « être capable de s’engager en retour », être responsable c’est donc être capable de s’engager dans ses actes et en assumer les conséquences. S’engager étant une sorte de contrat moral vis-à-vis d’une décision, d’un choix, d’une action – une sorte de promesse avec soi-même et/ou avec autrui.

Donc être proactif, c’est être capable de répondre de ses actes, d’en assumer les conséquences.

 

Être proactif = Responsabilité + Engagement

  1. être proactif commence donc par un engagement vis-à-vis de soi-même en tant que sujet et réalisateur de sa vie – et de tout ce qui en découle ;
  2. être proactif, c’est respecter une promesse tacite vis-à-vis de soi-même ;
  3. être proactif, c’est agir en conscience, c’est-à-dire avec la lucidité des conséquences qui découlent de ses actes.

 

Être proactif, c’est être capable de réponse

Nous sommes tous capables de réponse, nous sommes donc tous capables de prendre la responsabilité de nos actes. Ce qui revient à dire que nous sommes capables de nous prendre en charge, nous-même, notre personne et tout ce qui va avec – nos ressentis, humeurs, pensées, décisions, choix, actions… Ce qui n’est pas anodin l’air de rien car combien d’entre nous incriminent autrui lorsqu’il n’est pas content ? Combien d’entre nous reportent sur autrui la responsabilité de sa mauvaise humeur ou de ses échecs ?

A partir du moment où vous avez compris que vous êtes « capable de réponse » alors s’ouvre le champ de tous les possibles, car nous sommes capables de tellement de réponses !

  • Nous avons les réponses « standards », classiques, routinières :
    • Nous décidons et agissons par habitude, sans plus nous poser de question.
    • Nous mettons les gens dans des cases pour les situer et nous rassurer.
    • Nous réglons des problèmes actuels avec ce qui a fonctionné dans le passé.
    • Nous nous projetons dans le futur avec les limites de notre mental actuel.

Ici nous ne sommes guère proactif.ve.

  • Nous avons les autres possibilités de réponses, toutes celles qui sortent des clous, des habitudes, des réflexes :
    • Nous décidons et agissons en réfléchissant, en nous questionnant.
    • Nous faisons connaissance avec nos interlocuteurs pour les comprendre (comprendre signifiant « prendre avec soi », étymologiquement).
    • Nous abordons les situations non plus comme des problèmes mais comme des événements nouveaux qui réclament notre adaptation et notre imagination.
    • Nous nous projetons dans des futurs désirables et plus seulement « réalistes » ou facilement accessibles.
    • Nous visualisons et notre cerveau nous donne les moyens de créer.

Ici nous sommes proactif.ve : nous sommes capable de réponses originales, imaginatives, voire farfelues, qui ne sont pas conformes aux attentes ou au politiquement correct. Ces réponses nous rendent adaptable, résilient.e et nous font grandir en conscience, et en joie de vivre car nous sommes plus vivant.e.

Nous avons toutes ces réponses à notre portée – en nous et autour de nous – qui mettent en jeu notre sens des responsabilités, notre engagement « corps et âme », et notre liberté. Liberté de penser, d’imaginer, de créer, d’innover. Et libre d’en assumer les conséquences.

Quelques exemples de réponses

  • Si je reçois une claque, je suis capable d’en renvoyer une (comme de tendre l’autre joue si c’est mon choix) ;
  • Si je ne suis pas satisfaite de mon sort, Je suis capable de réagir pour le changer ;
  • Si je ne suis pas épanouie dans mon travail, ce n’est pas la « faute » de mon patron – ni de la mienne d’ailleurs (il n’est pas question de « faute »), je suis capable de faire quelque chose pour sortir de ce placard ou de cette situation sans avenir ;
  • Si je ne suis pas heureuse en amour, ce n’est pas à cause de mon amoureux (comme je pourrais le penser de prime abord), car je suis capable de prendre les choses en main pour que ça change ;
  • Si je suis frustrée et énervée, ce n’est pas de la faute des autres, c’est dû à mon monde intérieur que je gère et que je suis capable de modifier ;
  • Et si je suis super heureuse, c’est aussi grâce à moi !

 

Être proactif, c’est être responsable et engagé, mais pas seulement…

Être responsable semble répondre à la loi « action-réaction » : il se passe un truc, je suis capable d’y réagir.

Mais je ne suis pas obligée d’attendre qu’il se passe quelque chose pour réagir. Je peux proagir plutôt que subir !

Et c’est là que les définitions précédentes (Wikipédia, Le Petit Robert) me paraissent un peu courtes. Car ce n’est pas parce que je suis responsable de ma vie et/ou engagée que je suis proactive. Je suis responsable et/ou je suis engagée, c’est tout. C’est déjà pas mal mais ce n’est pas suffisant pour être proactif.

 

Être proactif, c’est être libre

En effet, lorsqu’une information me parvient, quelle qu’elle soit et d’où qu’elle vienne (de mon monde intérieur, comme un mouvement d’humeur, une émotion, un ressenti, une pensée, ou du monde extérieur comme le temps qu’il fait ou les échanges avec autrui), j’ai non seulement la capacité de la traiter, mais encore la liberté de son mode de traitement.

J’ai la liberté de sortir des sentiers battus pour apporter des réponses différentes, qui seront plus efficaces peut-être. C’est ainsi que je grandis, que je progresse.

Être capable de réponse nous donne le choix du type de réponse : nous sommes libre de nos réponses !

Nous avons la liberté de choisir nos réponses. « Réponses » au sens très large. Tous nos comportements constituent des « réponses ».

C’est là que nous commençons à être proactif. La Statue de la Liberté nous rappelle l’une de nos valeurs humaines fondamentales : notre liberté, notre libre-arbitre, notre imagination, notre conscience… La liberté englobe tout ce potentiel de réflexion et d’action. C’est la Lumière éclairant le  monde.

 

Être proactif, c’est être capable de se libérer

Être proactif, c’est commencer à se libérer de ses carcans pour retrouver sa vraie nature.

Cependant, une autre statue devrait être construite en face de celle de la Liberté, c’est celle de la Responsabilité (Viktor Frankl l’a dit avant moi). Car nous sommes tout autant libres de nos actes que responsables de nos actes, telle une balance toujours en équilibre précaire, qui nous oblige à rester vigilant.e. A vivre en conscience.

Nous sommes capables de répondre de nos actes, de nos décisions, et même de nos ressentis et émotions. (et non, ce n ‘est pas de la faute des autres si vous êtes en colère). Et comme nous sommes responsables des réponses – ressentis, pensées, actions – que nous extériorisons -, nous allons devoir assumer les conséquences de ces expressions. Littéralement, nous allons devoir répondre de tout ce qui sort de nous, de tout ce que nous laissons s’exprimer volontairement ou involontairement. S’exprimer, c’est mettre la pression à l’extérieur de soi. Et tout ce qui sort de soi est de notre ressort, comme son nom l’indique.

A nous d’assumer qui nous sommes, ce que nous sommes, ce que nous pensons, ce que nous ressentons, ce que nous imaginons. A nous d’assumer qui nous voulons être sans mettre la responsabilité des conséquences de nos choix et de nos actes sur autrui. Et pour ce faire, la nature est bien faite : elle nous a dotés de la liberté de réponse !

Oui, nous avons la chance de pouvoir répondre ce que bon nous semble. Nous sommes libres de faire toutes les réponses qui nous plaisent. Et heureusement car nous allons devoir assumer les conséquences de nos choix , alors il est heureux que nous puissions choisir nos réponses, pour choisir ce que nous décidons d’assumer ensuite ! Nous sommes libres et responsables, elle est pas belle la vie ?

Alors attention à vos réponses, réfléchissez-y à deux fois – et tournez sept fois votre langue… – avant de vous exprimer, car pas de retour en arrière. Vous devrez assumer les conséquences, faire preuve de responsabilité. A défaut, c’est la mauvaise foi, le mensonge, la duplicité avec vous-même qui s’exprimeront, vous vous manquerez de respect, vous vous éloignerez de votre vraie nature… En plus, vous ne serez pas du tout proactif.ve ! (ce qui emporte quantités de conséquences négatives, vous le verrez dans « A quoi ça sert d’être proactif »)

Comme nous sommes libres et responsables, c’est-à-dire « capables du choix de nos réponses pour les assumer en connaissance de cause », nous ne sommes pas/plus obligés de subir ou de rester passifs. Nous avons la capacité de réagir plutôt que subir. Et c’est tant mieux ! Là est notre libre-arbitre et notre liberté. Là est notre responsabilité. Et là est notre capacité à être proactif.

 

Nous sommes donc tous proactifs par nature…

Face à une situation, une personne proactive [je l’écris volontairement sans tiret] observera la situation et décidera de la conduite à tenir sans attendre qu’un événement ou une personne lui dicte sa conduite. Elle décidera de son attitude et prendra la responsabilité de ses décisions et  actions sans rejeter la responsabilité des causes ou conséquences sur autrui.

La personne proactive tient compte du champ des possibles, elle tente de prendre en compte tous les possibles et leurs conséquences, et tranche pour un choix plutôt qu’un autre avec la conscience des conséquences de ses choix, qu’elle assumera bien sûr.

Du coup, elle prend des initiatives – ou pas – pour atteindre ses objectifs, voire les dépasser.

Arrivé à ce stade de votre lecture, vous comprenez que être proactif est la résultante d’un tas de pensées, d’émotions, de ressentis qui se jouent en coulisses, dans un coin de votre tête et / ou de votre coeur. Et qu’il faut parfois du courage pour incarner totalement qui nous sommes vraiment…

 

…Mais nous le sommes bien peu concrètement

Car nous ne voyons pas ce qui nous agite intérieurement avant d’agir, nous n’agissons pas toujours en conscience, loin de là. Nous sommes plus souvent mus par des conditionnements et des réflexes que par des réflexions profondes et des temps d’arrêt sur image pour choisir en conscience et prendre la mesure des conséquences de nos actes.

Nous agissons la plupart du temps depuis le « haut de l’iceberg » de nous-même, à partir de cette aire superficielle qui fonctionne sur pilote automatique. Nous n’avons pas conscience de toutes ces démarches intimes qui s’affrontent au fond de soi, sous les sept-huitièmes de notre être : nos dilemmes, nos peurs, nos doutes, nos lâchetés, nos compromissions, nos calculs, nos craintes, nos hésitations, nos croyances, nos stratégies… pour parvenir à un compromis entre soi et le monde extérieur. Nous nous arrêtons encore moins sur nos ressentis ou ces perceptions subtiles qui nous indiquent les réponses opportunes. La plupart du temps, nous agissons par automatisme, par réflexe (stimulus-Réponse) sans avoir creusé plus avant dans notre espace de liberté pour trouver ce dont nous avons vraiment besoin ou qui serait le plus opportun dans le contexte présent.

 

Être proactif, c’est être conscient de cet espace-temps entre un stimulus et sa réponse automatique

En poursuivant la définition donnée par Wikipédia, vous lirez que le père de la Proactivité est Viktor Frankl.

Or, cet auteur n’a jamais évoqué le terme de proactivité, ni la notion de être proactif dans aucun de ses livres. En revanche, il a mis en œuvre dans sa vie – dans l’un de ses pires moments – la faculté d’être proactif. C’est ce que je vous invite à découvrir dans La Proactivité selon Viktor Frankl.

 

Je vous souhaite le meilleur,

nathalie Decottégnie, la proactivité en actionNathalie Decottégnie

Référente de la Proactivité
Auteure, Consultante, Formatrice, Conférencière
Maître Reiki et Praticienne depuis 2004

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