Est-ce moi ou les autres qui ne vont « pas bien » ?

Est-ce moi ou les autres qui ne vont « pas bien » ?

Est-ce moi ou les autres qui ne vont « pas bien » ?

Est-ce que vous vous rappelez l’expérience optimale de Mihaly ? L’expérience dont il est question dans l’article intitulé Face aux obstacles qui vont croissant, faut-il persévérer ou lâcher prise ? consultable en cliquant ici ?

Eh bien, pour ma part, sans vivre avec (ou dans) une telle intensité à chaque instant, je veux croire que faire du bien à autrui contribue à notre épanouissement personnel car, quand l’Autre est heureux, nous nous sentons heureux-se. Quand l’Autre s’épanouit (grâce à nous), nous nous sentons en accord avec nous-même. Nous nous sentons fier-ière et notre image de soi se trouve embellit. L’altruisme a du bon.

Or, je ne ressens pas tout à fait ce sentiment joyeux lorsque je me consacre au bien d’autrui. Je fais même le désagréable constat que faire plaisir à autrui ne me suffit pas. Et ce constat est culpabilisant. Je ne suis pas cette femme altruiste et généreuse qui voudrait se sentir grandie après avoir fait le bien… Oups.

 

…Faire plaisir à autrui ne (me) suffit pas

En creusant un peu plus, je me rends compte que ce désir de faire plaisir n’est qu’une façon de me fuir – fuir mes responsabilités, fuir ma frustration, fuir mon inaction vis-à-vis de moi-même… J’agis pour agir, et tourner mon action vers autrui constitue un excellent moyen de déserter sa propre vie. Ce faisant, j’ai bonne conscience : je ne peux pas être partout à la fois vous comprenez. En effet, je ne peux pas réaliser mes rêves puisque je consacre mon temps et mon énergie à aider autrui.

En fait, cette belle action altruiste me leurre et trompe mon monde (mon monde intérieur et extérieur). Et c’est le mal-être qui me gagne.

 

Noble dessein que de se préoccuper (d’abord) de son prochain…

De tels comportements altruistes sont valorisés par la société – et par le bénéficiaire – qui vous manifeste sa reconnaissance. La culture judéo-chrétienne nous y invite fortement depuis notre plus jeune âge… Cette culture que l’on définit classiquement comme la morale de l’obligation et du devoir.

Or, il n’est pas possible de s’oublier longtemps et définitivement dans le souci de l’autre. Il n’est pas possible de se satisfaire du pur altruisme sans s’occuper de soi, d’abord. Nous ne sommes pas personnellement destinés à nous confondre dans les plaisirs / désirs / besoins d’Autrui. En tous les cas, personnellement, cela ne me nourrit plus le cœur et l’âme – comme je le croyais… Je ressens juste l’ego qui frétille et la satisfaction du travail bien fait. Ce n’est pas suffisamment nourrissant. J’ai besoin d’autre chose.

Mais, ce qui est paradoxal, c’est que, lorsque j’agis pour mon propre compte, je dois me motiver à l’action. J’agis en force la plupart du temps, en me contraignant. Et, pire encore, lorsque je fais quelque chose pour moi qui me fait du bien, je culpabilise, et mon énergie traîne la patte alors que je devrais m’empresser avec joie ! Alors ? Où placer son énergie ? Agir pour faire plaisir à autrui n’est pas suffisant, agir pour mon propre compte n’est pas joyeux en soi, et quand ça l’est, je culpabilise. Il est dur d’agir dans ces conditions !

 

Et je ne suis pas fière pour autant…

Oui, je ne suis pas fière pour autant lorsque je vais au bout d’une décision pour moi-même, car je doute… était-ce la bonne décision ? Car je n’ai pas ressenti le grand frisson – la joie intérieure – qui me signalerait que je suis dans le « vrai », sur la voie juste. Je n’ai pas ressenti non plus le « flow » décrit par Mihaly, ce psychologue hongrois précurseur de la psychologie du bonheur. Je ressens simplement le soulagement d’avoir exécuté une tâche, celle qui sera en moins à faire pour le lendemain. Je me contente de les rayer de ma to-do list avec fatalisme, et sans joie.

Vous l’aurez compris, mes actions ne sont ni fluides, ni plaisantes quoi que je fasse – pour autrui ou pour moi-même. Elles ne sont pas non plus gratifiantes ou joyeuses. J’ai simplement la satisfaction du travail bien fait, que je ne prends même pas le temps de savourer tant j’en suis peu fière. C’est tout juste un plaisir intellectuel… donc superficiel car je garde le sentiment diffus de ne pas avoir été au bon endroit au bon moment. J’obtiens seulement le sentiment égotique d’être perçue comme « quelqu’un de bien ». Et mes frustrations restent vivaces car je ne me suis pas nourrie de l’intérieur.

 

Comment parvenir à réussir dans de telles conditions ?

Si je cherche à comprendre d’où pourrait provenir ce déphasage avec moi-même ou ce conflit intérieur (et pouvoir enrayer le découragement qui l’accompagne), je remarque que :

  • Mon environnement va bien en fait. Tous ceux qui gravitent autour de moi vont bien. Pourtant, à y regarder de plus près, mon environnement a changé. Ce n’est pas une découverte en soi, c’est le constat de son impact sur moi. Je creuse encore et je me rends compte que j’ai un souvenir nostalgique de mon ancien contexte. Ma morosité vient peut-être de là. En effet, ces changements autour de moi me demandent acceptation et adaptation. Cela me pompe de l’énergie et je fatigue. (Si j’étais honnête avec moi-même – petite séance d’introspection – je devrais me poser la question : « De quoi ai-je besoin moi-même pour retrouver mon équilibre au milieu de cet environnement changeant ? ») Car le changement crée du vide pour faire de la place au nouveau. Et le vide ça fait peur, la nostalgie ça donne du vague à l’âme, et la tristesse s’invite ;
  • Mes relations vont bien en fait. Mes échanges restent positifs et intéressants. Je suis quelqu’un de sociable et j’aime partager. Pourtant mes attentes par rapport à ces personnes ne sont pas satisfaites et je sors frustrée et culpabilisée de nos échanges. Mes besoins de compréhension et d’aide ne sont ni compris ni entendus… (Et si j’étais de nouveau honnête avec moi-même – poursuite de la séance d’introspection – je devrais me poser cette autre question : « Est-ce que je m’écoute moi-même pour connaître mes propres besoins et les combler ?
  • Les personnes qui me sont chères vont bien en fait. Elles sont en sécurité, s’épanouissent et sont heureuses, et mon cœur s’en réjouit. Pourtant ils sont loin de moi et j’ai la nostalgie des « jours heureux » – de ces moments où nous étions tous réunis sous le même toit, autour d’un même feu (je n’ai pas de cheminée mais j’aime bien l’image du foyer).

En fait, au fur et à mesure que je décline ce qui va bien autour de moi et ce qui ne va pas en moi, je finis par comprendre ce qui se passe…

Oui, ça y est… A bien y réfléchir, cela devient évident : je comprends ce décalage entre moi et les autres. Je cerne la cause de ce décalage entre mon ressenti intérieur et cette positivité ambiante.

Comme bien souvent, c’est le cordonnier le plus mal chaussé, avec en plus un caillou dans la chaussure…

La réponse se fait de plus en plus nette dans mon esprit… celle d’une personne en transition. Oui, je suis en déphasage avec moi-même, avec ce que je connais de moi, quoi que je fasse pour moi ou pour vous, parce que je suis en transition !

 

Ah, la fameuse transition…

Et je ne le savais pas ! Enfin si. Je le savais – inconsciemment. Je me savais en plein changement donc en pleine transition – pourquoi j’y échapperais ? – mais je croyais qu’elle était achevée.

Ainsi, je suis en transition. Tout simplement.

Eh bien, ça va mieux de le savoir. Je peux même préciser – maintenant que je me penche sur mon cas – la phase dans laquelle je me trouve en ce moment. Ainsi, plus d’inquiétude à nourrir si je ne suis pas aussi altruiste que je le souhaiterais ; plus de soucis à se faire si je ne suis pas aussi enthousiaste en me levant le matin ; plus besoin d’en faire une montagne – ni un article de 1 700 caractères ! Enfin si. Parce que savoir ce qu’est une transition, découvrir vous-même que vous êtes en plein dedans, cela aide grandement à relativiser, à prendre du recul et à savoir anticiper vos prochains états d’âme sans vous prendre la tête !

Si vous vous sentez désaxé-e de votre vie actuelle, si vous avez le sentiment que « rien ne va plus », c’est peut-être parce que vous êtes vous aussi en pleine transition. Pour le savoir, découvrez en quoi consiste une transition : quelles sont ses phases ? Comment repérer dans laquelle vous vous trouvez en ce moment ? Comment faire en sorte d’en tirer profit, la transformer en opportunité ? Téléchargez le livret gratuit La transition : finies les résistances au changement, livret téléchargeable gratuitement en cliquant ici

 

Maintenant je comprends pourquoi je n’ai aucune chance de vivre l’expérience optimale de Mihaly

Étant en transition, je n’ai aucune chance d’être dans le flow décrit par Mihaly. Je ne peux pas vivre l’expérience optimale de Mihaly parce que je suis chahutée psychologiquement et émotionnellement par les changements que ma vie « subit ».

Plus je m’imprègne du fait que je suis en transition, plus je comprends ce que je vis. Plus j’analyse mon ressenti, moins je m’en préoccupe : il est normal et banalement lié à la transition. Je me sens soulagée d’apprendre que tout est normal. Mes états d’âme deviennent plus facilement supportables et acceptables. (Je savais bien que j’étais en train de changer, donc je me doutais que j’allais passer par une transition. Je la guettais comme le loup attend le Petit Chaperon rouge : je m’observais en plein changement et je me suis laissée surprendre. Le Petit Chaperon rouge se balade au gré du vent comme nos états émotionnels. Et, comme il y a loin de la coupe aux lèvre, il y a un fossé entre la théorie à la pratique, entre la compréhension d’un phénomène et son expérience concrète.

 

Ainsi, ce passage dans la transition explique bien des impossibilités

  • Impossibilité à vivre pleinement l’altruisme. Je ne suis pas disponible pour moi-même, comment pourrais-je l’être pour autrui ?
  • Impossibilité à faire des choses pour soi qui soient agréables et satisfaisantes ; comment parvenir à fonctionner avec une ancienne version de soi-même alors qu’une nouvelle page de sa vie s’ouvre ?
  • Impossibilité à faire du Neuf avec du vieux. Ça ne peut pas fonctionner. Tout va de travers si nous forçons la marche à contre-courant.

 

Du coup, forcément, je suis empêchée de vivre l’expérience optimale de Mihaly, malgré ma bonne volonté. Et vous l’êtes tout autant si vous vous reconnaissez dans cette situation.

D’ailleurs, qu’en est-il pour vous ? Vous sentez-vous en train de changer ? Sentez-vous ce déphasage entre vous et vous ? Entre vous et votre environnement ? Entre le vous d’aujourd’hui et celui d’hier ?

  • Que se passe-t-il en vous en ce moment côté émotionnel, mental, intellectuel, spirituel, physique, relationnel ?
  • Que ressentez-vous en ce moment dans vos corps : corps physique, émotionnel, mental, spirituel ?
  • Êtes-vous totalement en accord avec vous-même ? Faites-vous exactement ce que vous avez envie de faire ? Et le faites-vous avec plaisir ?

 

Pour vous permettre d’y voir plus clair, vous disposez du livret téléchargeable : La Transition : finies les résistances au changement, téléchargeable ici.

Ce Livret vous explique tout sur la transition pour que vous compreniez ce que vous vivez le cas échéant. Comprendre ouvre la voie vers l’indulgence et l’acceptation. Mais aussi vers l’amour de soi, prémisses de l’altruisme 🙂

 

Je vous souhaite le meilleur,

Nathalie Decottégnie
La Référente francophone de la Proactivité

Pour me contacter, c’est ici.
www.etreproactif.com

Nathalie DECOTTEGNIE

La Référente francophone de la Proactivité

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