Pourquoi notre motivation ne dure jamais plus de trois semaines (si nous n’y prenons garde) ?

Pourquoi notre motivation ne dure jamais plus de trois semaines (si nous n’y prenons garde) ?

Nous ne pouvons pas rester motivé plus de trois semaines si nous n’en faisons pas le choix conscient. C’est ainsi.
Autrement dit, pour rester motivé plus de trois semaines, il va nous falloir être vigilant et agir en conscience.

 

Comment ?

Imaginons que votre but soit de maintenir un gros-ballon-bien-lourd au-dessus de votre tête. Vous allez atteindre votre objectif grâce à votre motivation, qui va agir en trois temps :

 

Première semaine

Vous avez un ballon d’un certain poids posé à vos pieds. Vous êtes dans un parc. Vous êtes motivé pour le porter au-dessus de votre tête (je ne sais pas pourquoi, c’est vous qui êtes motivé, pas moi). Vous le ramassez et, comme il est assez pesant, vous devez lui donner une certaine impulsion pour le soulever du sol sans le lâcher. Grâce à la force centrifuge, impulsée par votre geste motivé, cette action est relativement facile. Du moins, vous ne sentez pas l’effort. A l’image de ce ballon soulevé avec entrain, vous êtes dans votre première semaine. Tout va bien. « Plus motivé que moi tu meurs ».

 

Deuxième semaine

Vous portez ensuite ce ballon à bout de bras et l’élevez au-dessus de votre tête. Ce mouvement à l’horizontal est déjà moins enjoué, l’élan musculaire du début s’estompe. Et vous ne voyez plus où vous voulez en venir avec ce ballon dans les mains. Vous êtes dans votre seconde semaine et votre motivation « spontanée » s’estompe. Si vous n’y prenez garde, vous êtes tenté de lâcher le ballon et pourriez même avoir envie d’attraper le frisbee au vol, qui vient vers vous. Ce jeu apporterait de la nouveauté et paraît plus « léger ». Vous l’avez compris, cette seconde semaine est « dangereuse » pour la motivation-démotivation. 

 

Troisième semaine

Comme vous êtes vigilant, et vous vous rappelez pourquoi vous vouliez soulever ce ballon, vous poursuivez votre action. Et, de surcroît, vous reconnaissez l’étape dans laquelle vous êtes, celle qui va vous demander de fournir davantage de concentration pour atteindre votre but. Vous êtes donc dans votre troisième semaine et vous gardez le cap grâce à une décision consciente.

A l’issue de ces trois semaines, ça y est ! Vous portez le ballon au-dessus de votre tête sans effort, avec la satisfaction de celui qui a réussit. 

 

Nous exercer pendant trois semaines est un minimum lorsque nous voulons adopter une nouvelle habitude de façon délibérée. La Sagesse évoque souvent les vingt-et-un jours pour modifier un comportement. Les Neurosciences lui donnent raison. C’est en effet pendant trois semaines que se fabrique la myéline enveloppant les fibres nerveuses dans le cerveau. Une pensée, un sentiment, une action créent des connexions neuronales et déclenchent la fabrication de myéline. Au bout de trois semaines, la myéline s’est suffisamment développée tout au long des fibres nerveuses au point de rendre jointifs les deux neurones nouvellement connectés (ainsi que les milliards d’autres neurones contribuant à cette nouvelle habitude).

 

Même quand il ne se passe rien, il se passe toujours quelque chose. Le Livre des Changements.

Il nous faut donc tenir trois semaines (minimum) pour que la nouvelle habitude s’ancre en nous de façon pérenne et sans plus y penser (rappelez-vous la quatrième étape de l’apprentissage : la compétence inconsciente).

 

Vous voulez vérifier ?

Décidez par exemple de changer votre montre de poignet : supposons que vous avez l’habitude de la porter à droite et que vous décidiez de la mettre à gauche dorénavant.

Vous allez passer par ces trois étapes :

– la première semaine : vous avez le réflexe de la mettre à droite, comme d’habitude. Puis, dans un éclair de lucidité, vous allez vous rendre compte de votre erreur et la retirer de votre poignet pour la mettre volontairement à gauche. Le lendemain, même scène : votre ancienne habitude va prendre le dessus et vous allez devoir à nouveau à la défaire pour la remettre au poignet choisi. A la fin de cette premier semaine, vous allez vous dire « ça n’marche pas, j’y arrive pas, j’perds du temps… » et finalement conserver votre ancienne habitude de la mettre au poignet droit.

– la seconde semaine : comme vous aviez une bonne raison de vouloir la porter à gauche dorénavant, vous persévérez. Vous allez fournir une attention soutenue et consciente pour la mettre bel et bien sur votre poignet gauche. Vous allez constater qu’à un moment donné, vous n’allez  plus savoir si vous devez la mettre à droite (ancienne habitude) ou à gauche (nouvelle habitude). Ces deux gestes, l’ancien et le nouveau, vont se chevaucher et se contrecarrer mutuellement. Vous êtes quelque  peu perturbé (heureusement que vous savez pourquoi vous vouliez la changer de poignet et que cela a du sens pour vous !)

– la troisième semaine : enfin, vous commencez à acquérir le mouvement de la mettre « spontanément » à gauche plutôt qu’à droite. Ce nouveau geste s’ancre de mieux en mieux dans vos habitudes du matin. Ces gestes répétés vers votre nouvelle habitude tracent la voie (au sens propre) de nouveaux circuits neuronaux. La myéline finit par joindre les deux bouts des neurones concernés, grâce aux trois semaines nécessaires à sa fabrication.

Vous voyez que vous y arrivez !

 

 Ceci dit, vous pouvez sans doute trouver une nouvelle habitude plus utile 😉 

 

Conseils d’amie lorsque vous voulez acquérir une nouvelle habitude : 

– sachez pourquoi vous faites un geste, une action, lorsque vous la faite (et faites-là bien, comme disait ma vieille tati) ;

– agissez en étant dans « l’ici et maintenant », c’est-à-dire totalement présent à ce que vous faites. Agissez en conscience (ne pensez qu’à ce que vous faites, pas à autre chose. Faites du monotâche) ;

– fixez-vous des buts motivants dont le sens vous soutiendra dans l’effort (lorsque vous douterez) ;

– formulez vos objectifs sur le « mode positif » pour que votre cerveau vous guide et vous appuie dans vos efforts ;

– n’envisagez vos objectifs qu’à une échéance de trois semaines maximum. Si leurs résultats dépassent les trois semaines (programmer un voyage dans un an, programmer un déménagement dans six mois, partir en vacances d’ici deux mois, etc.), découpez-le en sous-objectifs dont l’échéance se trouve dans l’intervalle des trois semaines ;

– et conservez en mémoire qu’il vous faut trois semaines pour parvenir à faire sien un changement… 

– Courage !

 

Je vous souhaite le meilleur 🙂

Nathalie Portrait blog1Nathalie Decottégnie

Experte ès Proactivité

Site / blog : www.etreproactif.com
Roman : « toi ou la vraie vie« 

 

Nathalie DECOTTEGNIE

La Référente francophone de la Proactivité

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